
ANALYSE // Le sperme d’un donneur danois porteur sain d’une mutation génétique augmentant le risque de cancer a été utilisé dans la conception de près de 200 enfants à travers le monde, a révélé une enquête de la télévision publique danoise DR. Est-ce qu’une situation pareille aurait pu arriver en Suisse?
Oui, car la mutation en question est très rare. En principe, l’on cherche, dans le sperme des donneurs, les maladies héréditaires les plus fréquentes, comme la mucoviscidose. Mais traquer toutes les mutations serait bien trop coûteux. D’ailleurs, en temps normal, tous les futurs parents ne font pas systématiquement leur profil génétique complet.
Une autre question importante concerne le nombre d’enfant possibles issues d’un même donneur: en Europe, c’est un peu le Far-West. Avec des pays qui n’imposent pas de limite. Et un manque de coordination internationale. Ce qui encourage le tourisme de la procréation. En Suisse, les règles sont plus strictes: chaque donneur peut donner naissance à huit enfants au maximum. Et le registre des naissances de l’Office fédéral de l’Etat civil permet d’assurer le suivi nominal tant des bénéficiaires des dons, que des donneurs.
Cela dit, par le passé, il y a eu des cas de donneurs qui ont engendré plus de huit enfants, car ils avaient donné leur sperme dans plusieurs cliniques, malgré l’interdiction à ce sujet; mais cela n’a d’abord pas été remarqué.
Pourquoi? Parce que la loi actuelle, qui date de 2001, ne garantit pas que des contrôles, ou des recoupements d’informations entre cliniques au niveau national, soient menés lors du don. Des modifications de cette loi sont donc en cours d’examen à Berne, entre autres pour systématiser ce contrôle des donneurs.












