
Alors qu’on s’approche des Jeux olympique d’hiver en Italie, nous vous proposons maintenant de découvrir de l’intérieur le Laboratoire antidopage basé au CHUV, à Lausanne, qui fête ses 35 ans cette année. Un lieu dans lesquels il est très rare de pouvoir pénétrer, pour d’évidentes raisons de sécurité.
Un entrepôt anonyme, dans la banlieue de Lausanne. Dans les boîtes en plastique qui arrivent sur un chariot, des flacons remplis de l’urine de sportifs anonymisés, qui vont être passés au crible des instruments les plus sophistiqués, à la recherche de produits dopants. Nous sommes d’un lieu très sécurisé, qui ouvre rarement ses portes, tant les enjeux sont grands : le laboratoire d’analyse anti-dopage du CHUV.
Selon sa directrice, la Finlandaise Tiia Kuuranne, « ce laboratoire est le seul en Suisse, accrédité par l’Agence mondiale antidopage (AMA), parmi les 30 autres dans le monde. » Chaque année, ses équipes analysent 20’000 échantillons, d’urine, mais aussi de sang, sur mandat de plus de 130 organisations antidopage d’une centaine de pays. Des scientifiques qui développent sans cesse leurs outils d’analyse, pour tenter de réduire l’écart entre les nouveaux produits dopant et les méthodes validées pour les détecter: « Il y a toujours des exigences pour la sensibilité. Nous devons identifier des concentrations plus basses, explique Tiia Kuuranne. Peut-être la spécificité qui vient avec la sensibilité. » Autrement dit : être sûr de ce qui a été détecté!
Repérage des doses infimes, détection des agents masquant les substances interdites : ce laboratoire fait tout pour rester dans la course à démasquer les tricheurs. Mais aussi pour réhabiliter les sportifs qui sont parfois accusés à tort, parce qu’ils ont été contaminés à leur insu : « Il y a des éléments divers qui peuvent être source de contamination. Il y a par exemple le problème agro-alimentaire, avec la contamination possible de la viande : s’il y a des animaux qui sont traités par des anabolisants, des traces peuvent ‘être transmises aux humains. Le deuxième type est la contamination croisée : c’est le contact entre les personnes. »
Le passeport biologique, fierté du laboratoire
Autre fierté du laboratoire: le « Passeport biologique de l’athlète », imaginé à Lausanne, et qui permet un suivi au long cours de ses paramètres. « L’utilité majeure du passeport biologique est de détecter les substances qu’on produit également de manière naturelle, et qu’on peut aussi utiliser en produit dopant », explique Olivier Salamin, responsable de l’Unité de gestion des passeports biologiques. Un des exemples principaux, c’est la testostérone, explique-t-il en montrant des courbes sur son écran: « Là [où la courbe est plate], vous avez un exemple d’un profil totalement normal, totalement stable. Alors que dans cet exemple-ci [où la courbe montre un pic], vous avez un profil qui est indicatif de l’usage de testostérone comme dopage, avec une déviation majeure. »
Dans ce laboratoire, tous ces efforts contribuent donc à maintenir le sport aussi propre que possible, même si chaque année, sur 250’000 tests anti-dopage effectués dans le monde, 1 à 2% sont encore positifs – soit quelques milliers de cas.












