
Tout juste 40 ans après l’explosion du réacteur nucléaire de Tchernobyl, le sarcophage en béton coulé sur le site menace de s’effondrer, et surtout, le dôme de protection a été ciblé par un drone russe, perdant sa capacité de confinement. Une structure à réparer au plus vite, pour éviter toute nouvelle catastrophe.
Février 2025 : un drone russe s’abat sur le dôme couvrant l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl. Cette immense enceinte a été construite en 2016 au-dessus du sarcophage en béton, coulé lui à la hâte en 1986 sur le réacteur qui venait d’exploser. La voilà perforée, et la membrane du toit qui prend feu sur une vaste surface.

Des dégâts que confirme le 5 décembre 2025 l’Agence internationale pour l’énergie atomique(AIEA): « L’arche protectrice a perdu ses fonctions de sécurité principales, notamment sa capacité de confinement de l’air intérieur, mais ses structures porteuses n’ont subi aucun dommage permanent.»
Les travaux de réparation de l’étanchéité sont freinés par la guerre, notamment la pénurie de main d’œuvre. Ce qui inquiète certains experts, comme Shaun Burnie, spécialiste nucléaire pour Greenpeace Ukraine: « Le risque est que, si les retards des travaux se prolongent, le sarcophage, conçu pour une durée de vie de 20 ans - mais qui en a donc 40 ans -, soit très vulnérable à l’effondrement. Ce serait catastrophique car cela rendrait possible des rejets de débris radioactifs.»
Selon le directeur actuel des installation à Tchernobyl, la situation est pour l’heure sous contrôle, mais reste dangereuse, car drones et missiles russes survolent encore régulièrement la région: « En cas d’impact d’un obus même proche du site, cela peut faire trembler le sol, et soulever un nuage de poussières radioactives qui peut s’échapper dans l’atmosphère», dit Sergiy Tarakanov.
Et cela sans compter une autre menace, qui achève de transformer le site en bombe à retardement : « De temps en temps, la Russie tente d’attaquer des sous-stations électriques proche de la centrale nucléaire. Donc on doit activer nos générateurs de secours mobiles au diesel, pour assurer l’alimentation électrique de base qui fait fonctionner l’infrastructure critique du site.»
Une restauration complète du dôme est prévue, devisée à 500 millions d’euros.
Mais selon les spécialistes, ces travaux devront attendre la fin de la guerre.











