
Après l’échec de la COP30 au Brésil, en novembre 2025, s’ouvre aujourd’hui et pour une semaine en Colombie une conférence qui doit concrétiser une feuille de route d’actions très concrètes pour sortir des énergies fossiles. Y participent une cinquantaine de pays qui y sont favorables, voire déjà engagés. Et ceux-ci espèrent que la cause qu’ils promeuvent, favorisée par la guerre au Moyen-Orient, convaincra ensuite d’autres nations de les rejoindre.
Lors de la dernière Conférence de l’ONU sur le climat, le 21 novembre 2025, la position de la Colombie était très claire : « Nous devons quitter cette COP avec une feuille de route mondiale qui guide nos efforts collectifs pour éliminer progressivement les combustibles fossiles », a souligné Irene Velez Torres, Ministre de l’Environnement de la Colombie.
Mais cet espoir a été douché à l’issue de cette COP30.
La Colombie, de concert avec les Pays-Bas, a donc décidé d’héberger à Santa Marta, en Colombie, un sommet pour écrire cette feuille de route, avec les pays favorables.
De quoi réjouir les ONG active dans développement durable, comme Action de carême. Sa porte-parole Tiziana Conti l’explique: « Lors des conférences mondiales, telles que la COP, où il y presque 200 pays, qui doivent décider à l’unanimité, c’est difficile de prendre des décisions ; il y a toujours des bloquages. Alors que cette conférence, qui réunit un peu plus de 50 pays, sera plus agile.»
Objectif : s’accorder sur des actions concrètes, à financer avec des mécanismes de coopération. «On parle aussi d’une transition juste des énergies, ajoute Tiziana Conti, c’est-à-dire une transition qui ne pénalise pas davantage les populations des pays du Sud, mais qui les aide à devenir plus résilientes, et donc à protéger notamment la sécurité alimentaire.»
Pour Gernot Wagner, économiste du climat à l’Université Columbia de New-York, contacté par la RTS, cette conférence devrait aussi être transformatrice : « Elle ciblera les possibles contributions des secteurs gazier et pétrolier. Notamment comment les technologies modernes de forages peuvent aider. Par exemple : utiliser la fracturation hydraulique pour trouver de l’énergie géothermique, au lieu de chercher du gaz , cela fait parti de la solution.»
Un changement de paradigme que les tensions au Moyen-Orient pourraient favoriser, selon Irene Velez Torres: « Cette crise globale, comme toutes les crises , recèle toujours des opportunités. Car elle implique des transformations. Et dans ce cas précis, je crois que cela devrait contribuer à radicaliser l’agenda écologique.»
Sortir des énergies fossiles : une cause à laquelle les pays participants à la conférence de Santa Maria – dont la Suisse – espèrent que d’autres se rallieront ensuite.










