
Plus de 53 ans après la dernière mission Apollo, c’est le retour vers la Lune pour les Etats-Unis, avec la fusée Artemis 2. D’abord prévue en 2019, ce vol doit durer 10 jours pour les 4 astronautes à bord. Objectif: aller tourner autour de la Lune mais sans s’y poser. Et accélérer la nouvelle course vers l’astre, cette fois avec la Chine comme concurrent.
A Houston, au centre de contrôle de la Nasa, des cris pour saluer le décollage d’Artemis 2: une mission historique puisqu’elle doit emmener des hommes plus loin dans l’espace qu’ils ne sont jamais allés, pour revoir la Lune, mais sans s’y poser – pour l’instant.
L’objectif de ce vol est triple :
D’abord, évaluer la contribution européenne au projet. car c’est un module de l’Agence spatiale européenne, situé sous la capsule américaine Orion, qui la propulse, et fournit eau et oxygène aux quatre astronautes. L’un d’eux, le Canadien Jeremy Hansen, explique: « C’est la première fois qu’on met des humains dans cette fusée. On a donc testé ces systèmes à maintes reprises. Mais une fois dans l’espace, on risque de voir des signaux légèrement différents de ceux observés lors des tests. Alors, l’équipe réagira. Et si vous entendez, sur Terre, que quelque chose semble mal tourner pour nous, ce n’est probablement pas si grave. Car on sera en train de simuler les pires scenarios. »
Second objectif : tester les technologies d’approche pour un rendez-vous avec un autre vaisseau, une manœuvre simulée dans le docu-fiction « Destination Lune », qui sera réalisée avec la mission Artemis 3. Et qui permettra ensuite à Artemis 4 d’aller – elle – sur la Lune, dès 2028 si tout va bien.
Dernier but enfin : tourner autour de l’astre pour étudier sa face cachée. Comme les premiers astronautes qui l’ont vu de très près, ceux d’Apollo 8. Le jour de Noël 1968, Bill Anders réalisait même un cliché devenu iconique, qu’il commentait quelques années avant sa mort, en 2024 : « A un moment j’ai dit que nous étions partis pour explorer la Lune. Mais ce qu’on a fait en réalité, c’est découvrir la Terre. D’autres personnes l’ont bien compris. Et ça a surement lancé les mouvements en faveur de l’environnement. »
Nouvelle ère
Pour le nouvel administrateur de la Nasa, Jared Isaacman, ce vol d’Artemis 2 ouvre une nouvelle ère. Qui doit voir dès 2028 l’installation d’une base permanente sur la Lune : « Nous investirons 20 milliards d’ici sept ans, et construirons cette base grâce a des dizaines de missions, avec nos partenaires commerciaux et internationaux, selon un plan réfléchi et réalisable.»
Mais avant, il s’agit pour l’agence de réussir cette mission.
Et cela sous une pression accrue, car les Etats-Unis sont en course avec la Chine,
qui elle aussi veut marcher sur la Lune.












