
Les immenses datacenters nécessaires pour nourrir les besoins de l’intelligence artificielle posent de plus en plus de problèmes. La solution des géants de la tech : les placer en orbite. Elon Musk vient d’ailleurs d’annoncer dans ce but la fusion de ses sociétés SpaceX et xAI. L’idée est donc fascinante, mais certains spécialistes restent sceptiques.
Il est gros comme un frigo, mais contient les puces informatiques les plus avancées: lancé en novembre dernier, le premier satellite de la société StarCloud pourrait ouvrir une nouvelle ère pour l’intelligence artificielle, comme le disait en octobre 2025 dans une conférence TED son patron: « Cet engin est le premier pas d’une vision bien plus grande, placer presque tous les centres de données dans l’espace », explique Philip Johnston.
Sur Terre, les infrastructures de plus en plus grandes qui sont nécessaires pour nourrir les besoins de l’IA commencent à poser de sérieux problèmes :
– surfaces énormes à acquérir,
– consommation faramineuse d’électricité,
– impact des systèmes de refroidissement de ces serveurs, qui chauffent énormément.
Autant de freins pour les géants de la tech, qui visent donc l’espace, où les règlementations sont absentes.
L’an dernier, Google a dévoilé son projet Suncatcher, dont les satellites pourraient être lancés dès 2027. Et lors du dernier Forum économique de Davos, en janvier 2026, Elon Musk, directeur de SpaceX et de xAI (deux sociétés qu’il vient d’ailleurs de fusionner), a emboité le pas : « L’endroit le moins coûteux pour installer l’IA sera dans l’espace, et cela sera le cas d’ici deux ans, peut-être trois. Trois ans au plus tard. Car là-haut, tout est lié au Soleil, c’est vraiment la source d’une puissance immense. »
Le compte n’y est pas!
Et même si ces panneaux font tout le temps face au Soleil, Babak Falsafi, professeur à l’EPFL et président de Swiss Data Center Efficiency Association, a fait les calculs, et ne s’y retrouve pas, pour l’instant: « Les puces des datacenters, aujourd’hui, consomment beaucoup plus d’énergie qu’on peut créer avec les panneaux solaires. Par exemple : 1 m2 de datacenter a besoin de 5000 m2 de panneaux solaires, au niveau de l’espace.Et cela ce n’est pas impossible à réaliser, mais vraiment pas très pratique. »
Pas idéale non plus, les menaces en orbite : collision avec un débris, ou endommagement par les rayons cosmiques: « Comme toutes les technologies qu’on lance dans l’espace, c’est vraiment difficile de réparer et remplacer les composants, souligne le professeur. Il faut créer des composants qui sont tolérants, qui peuvent durer assez longtemps. » Mais qui pèsent plus lourd !
Dernier écueil justement: les coûts de lancement pour les milliers de tonnes de ces datacenters. Starship La fusée géante de SpaceX, et son énorme capacité devrait permettre de faire baisser la facture. Mais ce lanceur doit encore faire ses preuves complètes.











