
Une flambée de légionellose a fait 28 malades à Bâle ces deux dernières semaines, dont un décès. La source probable des infections a été identifiée dans une tour de refroidissement d’un immeuble de la Rebgasse, depuis mise hors service. Les autorités restent toutefois vigilantes, alors que le nombre de cas de légionellose progresse en Suisse depuis 25 ans.
Avec l’été et la hausse des températures, certaines maladies refont surface. C’est notamment le cas de la légionellose, qui connaît actuellement une flambée à Bâle. Vingt-huit infections ont été recensées ces deux dernières semaines. Une personne est décédée et neuf autres se trouvent toujours à l’hôpital, sous antibiotiques.
Mais les autorités sanitaires bâloises ont annoncé ce matin une avancée importante dans leurs recherches : la source probable de l’infection a été identifiée. Il s’agit d’une installation de refroidissement située sur le toit d’un immeuble de bureaux de la Rebgasse.
Lukas Engelberger, ministre cantonal de la Santé, explique : « Vendredi dernier, la source probable de l’infection – une installation de refroidissement d’un immeuble de bureaux à la Rebgasse – a été mise hors service. Il s’agit d’une tour de refroidissement dite humide, à partir de laquelle les bactéries ont dû se propager sous forme d’aérosols. »
La légionelle, c’est quoi?
Cette installation était donc contaminée par des légionelles, les bactéries responsables de la légionellose. Avec la chaleur, ces bactéries peuvent proliférer dans les systèmes d’eau. Elles peuvent ensuite être dispersées dans l’air sous forme de fines gouttelettes, notamment par les tours de refroidissement. Leur inhalation peut provoquer une infection pulmonaire, pouvant évoluer vers une pneumonie sévère et être mortelle dans 5 à 10% des cas.
Les autorités ont également inspecté neuf autres tours de refroidissement situées à proximité. Plusieurs d’entre elles présentaient des concentrations de légionelles supérieures au seuil autorisé. Ces installations ont depuis été fermées afin d’être décontaminées.
Pour le ministre cantonal de la Santé, les principales sources d’infection identifiées ont désormais été éliminées: « Les sources d’infection possibles que nous connaissions ont été éliminées. Et une contamination d’humain à humain est exclue. »
Le nombre de cas augmente en Suisse
Cette flambée à Bâle est la première de ce type recensée cette année en Suisse. Elle intervient alors que le nombre de cas de légionellose augmente depuis 25 ans dans le pays. 529 cas ont été enregistrés l’an dernier, soit un taux de 5,8 cas pour 100 000 habitants.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette progression.
- Le vieillissement de la population, les personnes âgées étant particulièrement vulnérables à la maladie.
- Une meilleure détection des infections, qui permet d’identifier davantage de cas.
- La complexité croissante des installations d’eau joue également un rôle.
- Le réchauffement climatique pourrait contribuer à cette évolution. Les légionelles prolifèrent particulièrement bien lorsque la température de l’eau se situe entre 25 et 45°C, notamment dans les canalisations peu utilisées ou dans certaines installations comme les jacuzzis.
À Bâle, les autorités restent donc prudentes. En raison de la période d’incubation de la maladie, d’autres cas pourraient encore apparaître dans les prochains jours, selon la médecin cantonale adjointe.












