
La Lune passera entre le Soleil et la Terre, provoquant une éclipse totale dans certaines régions et partielle en Suisse, où le Soleil sera masqué à 92 %. Alors qu’une éclipse totale n’a plus été visible en Suisse depuis 1842, les scientifiques profiteront de l’événement pour étudier la couronne solaire. Pour le grand public, ce sera surtout un spectacle rare et spectaculaire, à observer impérativement avec les protections adéquates.
Le Soleil, et la Lune: à nouveau, comme deux fois par an quelque part sur Terre, ces deux astres vont jouer à cache-cache. Le phénomène est simple : durant quelques minutes, la Lune va s’intercaler entre le Soleil et la Terre, même en plein jour. Et même si elle est 400 fois plus petite que lui, elle est aussi environ 400 fois plus proche de nous. De quoi couvrir exactement le Soleil, et créer une immense ombre à la surface de notre planète.
L’éclipse sera totale dans une bande passant par le Groenland, l’Islande et le nord de l’Espagne. Avec une ombre qui durera au maximum 2 minutes 18 secondes en Islande, mais environ une minute et demie en Espagne. A gauche et à droite de cette bande, l’éclipse sera partielle, selon divers pourcentages.
En Suisse, visible à 92%
En Suisse par exemple, le disque lunaire ne couvrira que 92% le Soleil, laissant briller un petit croissant. Le phénomène commencera à 19h23 près de Schaffhouse, sera visible dans tout le pays, avant de s’achever dans la Jura vaudois à 20h50.
En Suisse, une éclipse totale n’a pas eu lieu depuis 1842, et la prochaine n’aura lieu qu’en 2081. Lors de l’événement de 1999, la couverture du Soleil avait atteint jusqu’à 99,5%, faisant subitement chuter la température ambiante, et créant une lumière tamisée.
Etudier la couronne solaire
Pour les scientifiques aussi, l’événement servira à étudier le Soleil : « Nous aurons trois dimensions: le sol d’abord – la Terre comme télescope, si vous voulez. Et ensuite nos satellites, situés à différentes distances. Donc une combinaison unique, et en temps réel », explique Carol Mundell, directrice scientifique à l’Agence spatiale européenne (ESA).
L’une de ces sondes, c’est Proba-3, qui étudie la couronne solaire, si bien visible durant les éclipses, pour comprendre pourquoi elle a une température d’un million de degrés, alors que la surface du Soleil n’est qu’à 5500°C.
La semaine passée, des scientifiques, avec ce télescope à Hawaï, ont levé un bout du voile, en prenant les images les plus précises de la surface solaire, où des tourbillons de gaz seraient le moteur énergétique chauffant cette couronne.
Pour les quidams, pas de mystère, seulement un spectacle magnifique à observer, avec toutes les précautions d’usage.










