.Olivier Dessibourg
jeudi 24 septembre | 2026
Contact
  • Accueil
  • Journalisme
    • Sujets TV
    • Enquêtes
    • Editoriaux & Analyses
    • Interviews & Portraits
    • Reportages Monde
    • Reportages Suisse
  • Modération
  • Projets
  • Vulgarisation
  • Enseignement
  • Conférences
  • Presse
  • A propos
Pas de résultat
Voir tous les résultats
.Olivier Dessibourg
  • Accueil
  • Journalisme
    • Sujets TV
    • Enquêtes
    • Editoriaux & Analyses
    • Interviews & Portraits
    • Reportages Monde
    • Reportages Suisse
  • Modération
  • Projets
  • Vulgarisation
  • Enseignement
  • Conférences
  • Presse
  • A propos
Pas de résultat
Voir tous les résultats
.Olivier Dessibourg
Pas de résultat
Voir tous les résultats
Home Enquêtes

La Chine veut faire la pluie et le beau temps

31 juillet 2008
dans Enquêtes
Share on FacebookShare on Twitter

Il y a une chance sur deux qu’il pleuvine à Pékin le 8 août, selon les statistiques établies depuis 1951. De quoi perturber la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Pour éviter l’affront d’un événement planétaire ne se déroulant pas comme sur du papier à musique, les officiels chinois ont tout prévu: les météorologues pourront changer les conditions météo, a déclaré il y a 15 jours Chen Zhenlin, vice-directeur de l’Administration météorologique de Chine.

En sciences et en météo comme dans d’autres domaines, les JO représentent une formidable occasion de montrer au monde ses capacités. Le Bureau pour la modification du temps s’est doté d’un super-ordinateur capable de fournir des prévisions heure par heure, et kilomètre par kilomètre, sur plus de 44000 km2. Surtout, selon un article paru dans la revue Nature, il dispose de 35 avions, 7000 canons et 5000 lance-roquettes servant à «ensemencer» les nuages, et à faire pleuvoir à souhait.

Selon les chiffres officiels chinois, ce dispositif aurait permis de «fabriquer» 250 milliards de tonnes de pluie entre 1999 et 2006 dans le pays. De quoi se targuer d’avoir le plus important programme de modification du temps au monde. Aujourd’hui, le gouvernement y investit 60 millions de francs par an, et emploie 35000 personnes, dont 1500 professionnels. Des recherches concluent que la technique permettrait d’augmenter de 20% les précipitations locales.

«Ces études n’ont jamais été publiées dans des revues scientifiques, et suscitent beaucoup de scepticisme», avertit d’emblée Jean-Louis Brenguier, responsable de la recherche expérimentale à MétéoFrance. La Chine n’en est pourtant pas à son coup d’essai. Les premières expériences de modification du temps datent de 1946 aux Etats-Unis; en Chine, elles ont commencé en 1958.

«Pour les comprendre, il faut d’abord revenir aux principes qui donnent naissance aux nuages, dit le météorologue français. Dans l’air saturé d’humidité qui s’élève dans l’atmosphère et se refroidit, l’eau se concentre autour des noyaux présents (aérosols, poussières, etc.). Lorsque ces microgouttelettes en suspension atteignent 30 micromètres de diamètre, elles se rencontrent, forment des gouttes millimétriques, et tombent.»

Les scientifiques ont jadis observé qu’il était possible d’intervenir sur ce processus dynamique, afin de provoquer ou retarder la pluie. Comment? En incorporant dans le nuage deux types de noyaux de condensation supplémentaires: soit des «grosses» graines (iodure d’argent, neige carbonique entre autres), qui vont forcer les gouttes d’eau à atteindre plus vite leur taille critique de chute. Soit une myriade de petits noyaux (d’azote liquide surtout), dans l’idée de démultiplier le nombre de points de condensation, et donc de microgouttelettes, différant ainsi le moment où celles-ci seront devenues assez massives pour choir. Ces produits peuvent être largués depuis un avion, ou propulsés dans le ciel à l’aide d’un canon ou d’un lance-roquettes.

Aujourd’hui, les Chinois n’envisagent pas d’agir autrement: si un nuage noir menace le stade olympique, ils tenteront avec la première méthode de le faire pleurer avant qu’il ne survole l’enceinte, ou alors, avec le «plan B», de le faire patienter le temps qu’il la dépasse.

«Le problème, c’est qu’en soixante ans de recherches (ndlr: surtout aux Etats-Unis et en Russie) personne n’a pu apporter la preuve définitive de l’efficacité de ces méthodes», poursuit Jean-Louis Brenguier, en se référant à une vaste enquête du Conseil de la recherche américain, publiée en 2003. Pourquoi? «Nombre de paramètres météorologiques varient sans cesse. Ainsi, il est ardu de faire des expériences «grandeur nature» reproductibles, livrant des statistiques claires. D’ailleurs, on manque de valeurs de référence: on ne sait a priori pas si et combien de pluie un nuage va donner, avant qu’on l’ensemence… Pire, l’effet sur le nuage est parfois opposé à celui qui était désiré.» Au fil des ans, le caractère imprévisible de ces recherches a ainsi fait se tarir leurs sources de financement.

Dans le monde, l’on dénombre aujourd’hui 150 projets de modification du temps, répartis dans une quarantaine de pays. Jean-Louis Brenguier se veut clair: «Ensemencer les nuages fonctionne dans certains cas. Mais la démarche reste aléatoire. Prétendre qu’on peut contrôler un nuage comme s’il s’agissait d’un réservoir fini est exagéré. Le chiffre de 20%, en Chine, est donc cité «au culot», pour justifier les budgets encore investis dans ce domaine.» Chen Zhenlin, de son côté, a tout de même admis que la technologie a ses limites: «La modification pourra être utile en cas de bruine, mais en cas d’orages personne ne peut nous aider.»

Qu’importe, la Chine n’est pas près d’y renoncer, et va même étendre ses plans d’ici à 2011. Cela pour une autre raison que les JO. Le pays est sec – il ne reçoit que 65% de la moyenne des précipitations mesurées dans le monde. Les paysans estiment que tenter de «faire pleuvoir» pour grappiller quelques litres d’eau vaut mieux que regarder passer un nuage. Pour preuve, deux tiers des 2900 contés du pays ont leur station d’«ensemencement».

Plusieurs observateurs, tel le météorologue William Cotton, cité par l’AFP, craignent néanmoins que les dirigeants (ab)usent de cette technologie comme d’une «politique placebo» les montrant sous le jour d’un gouvernement actif, mais dilapidant des ressources financières. Jean-Louis Brenguier abonde: «Pour les JO, sur une période très courte, le jeu peut en valoir la chandelle. Mais sur le long terme, miser sur ces technologies n’est économiquement pas assez intéressant.»

Voir aussi Posts

La bioinformatique, secteur stratégique où la Suisse excelle

La bioinformatique, secteur stratégique où la Suisse excelle

28 août 2026

Genève va devenir la capitale européenne de la bioinformatique. Du 31 août au 4 septembre, plus d'un millier de scientifiques...

Depuis 50 ans, les proto-dinosaures d’Emosson fascinent paléontologues et grand public

Depuis 50 ans, les proto-dinosaures d’Emosson fascinent paléontologues et grand public

16 août 2026

Il y a 50 ans, un site contenant de nombreuses traces de proto-dinosaures, datant d’il y a 240 millions d’années,...

COMMENTAIRE. Comment observer l’éclipse solaire sans se brûler les yeux

COMMENTAIRE. Comment observer l’éclipse solaire sans se brûler les yeux

11 août 2026

ANALYSE // La Lune passera entre le Soleil et la Terre, provoquant une éclipse totale dans certaines régions et partielle...

Prochain article

«J'ai prêté ma voix aux cétacés»

Libre de glace, un col alpin livre des trésors

Des souris qui sentent vraiment le danger

LHC, l'ultime machine à découvertes

Explorer les inconnus inconnus

  • Sujets TV
  • Enquêtes
  • Editoriaux & Analyses
  • Interviews & Portraits
  • Reportages Monde
  • Reportages Suisse

DERNIERS ARTICLES

La bioinformatique, secteur stratégique où la Suisse excelle

La bioinformatique, secteur stratégique où la Suisse excelle

28 août 2026
Depuis 50 ans, les proto-dinosaures d’Emosson fascinent paléontologues et grand public

Depuis 50 ans, les proto-dinosaures d’Emosson fascinent paléontologues et grand public

16 août 2026
COMMENTAIRE. Comment observer l’éclipse solaire sans se brûler les yeux

COMMENTAIRE. Comment observer l’éclipse solaire sans se brûler les yeux

11 août 2026
Éclipse solaire : un spectacle céleste exceptionnel à observer depuis la Suisse

Éclipse solaire : un spectacle céleste exceptionnel à observer depuis la Suisse

11 août 2026
Le crash d’une fusée SpaceX sur la Lune peut avoir un intérêt scientifique

Le crash d’une fusée SpaceX sur la Lune peut avoir un intérêt scientifique

7 août 2026

CHOIX DE L'ÉDITEUR

La bioinformatique, secteur stratégique où la Suisse excelle

28 août 2026

Depuis 50 ans, les proto-dinosaures d’Emosson fascinent paléontologues et grand public

16 août 2026

COMMENTAIRE. Comment observer l’éclipse solaire sans se brûler les yeux

11 août 2026

Éclipse solaire : un spectacle céleste exceptionnel à observer depuis la Suisse

11 août 2026

Le crash d’une fusée SpaceX sur la Lune peut avoir un intérêt scientifique

7 août 2026

Une flambée de légionellose a fait un mort et 27 malades à Bâle

3 août 2026
  • Accueil
  • Journalisme
  • Modération
  • Projets
  • Vulgarisation
  • Enseignement
  • Conférences
  • Presse
  • A propos
Olivier Dessibourg
Science journalist & editor

© 2023 .olivier dessibourg

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In

Add New Playlist

Pas de résultat
Voir tous les résultats
  • Accueil
  • Journalisme
    • Sujets TV
    • Enquêtes
    • Editoriaux & Analyses
    • Interviews & Portraits
    • Reportages Monde
    • Reportages Suisse
  • Modération
  • Projets
  • Vulgarisation
  • Enseignement
  • Conférences
  • Presse
  • A propos

© 2023 .olivier dessibourg