
Faire voler un bateau électrique propulsé à l’hydrogène : c’est le pari que se sont lancé les 75 étudiants de l’EPFL de l’équipe Swiss Solar Boat, avec en point de mire une compétition internationale pour navires respectueux de l’environnement, qui aura lieu mi-juillet 2026 à Monaco.
Lorsqu’on se met en tête de construire un bateau volant, comme l’équipe de 75 étudiants du Swiss Solar Boat à l’EPFL, dès qu’il se met à… voler pour la toute première fois, même deux secondes seulement, forcément, il y a de la joie : « C’était une impression de fou, exulte Jules Bervillié, responsable technique du projet, au volant de l’embarcation. On a senti le bateau se lever, puis, plus aucun bruit. Certes, on penchait en peu sur la gauche, et c’est pour cela que le vol n’a pas duré très longtemps. Mais on sent que l’engin veut voler. Donc c’est vraiment cool. On en a encore les genoux qui tremblent… »
Ce 26 juin 2026, au large du port de Vidy sur le lac Léman, un cap a donc été franchi pour ce prototype complexe, car il marie trois technologies: les foils d’abord, qui, comme des ailes d’avions immergées, lui permettent de s’élever au-dessus de l’eau et ainsi de réduire la trainée du navire, donc favorisent un déplacement pour rapide ; les panneaux solaires qui alimentent les moteurs électriques ; de même surtout que la pile à combustible, alimentée par 340 litres d’hydrogène comprimé dans un réservoir très solide. Et combiner ces trois technologies n’a pas été une sinécure.
Bateau rêvé et approche hollistique
Ce bateau rêvé, avec une coque faite bois et recouverte de fibres de carbone (de quoi minimiser ainsi grandement l’impact environnemental), l’équipe du Swiss Solar Boat l’a construit dans un hangar près de Lausanne, avec une approche qu’elle qualifie elle-même d’«holistique»: « Très concrètement, explique Archibald Lecointre, le président de l’association, ça veut dire qu’on n’est pas juste à intégrer des technologies sans comprendre quels impacts elles vont avoir, on essaie d’évaluer les différentes qualités et défauts de chaque technologie pour voir comment elles pourraient aider à décarboner le secteur maritime.» Que ce soit donc dans le transport de marchandises, ou de personnes.
Une démarche qui ne va pas sans prendre quelques risques, comme l’admet l’étudiant : « On a un défi par rapport à l’hydrogène, qui est une substance qui peut être dangereuse si elle n’est pas maîtrisée. Et c’est pour cela qu’on avait rajouté un module de propulsion à hydrogène expérimental sur notre ancien bateau, le Dahu, pour que les étudiants prennent de l’expérience. Cela a permis d’aborder avec confiance l’intégration de l’hydrogène sur ce bateau, à une plus grande dimension ».

Le Dahu est une étrange embarcation asymétrique avec laquelle l’équipe a remporté sa catégorie en 2022 au Monaco Energy Boat Challenge, une compétition dédiée aux navires innovants et respectueux de l’environnement. Un concours où elle espère à niveau briller cette année, du 8 au 11 juillet 2026, avec son nouveau prototype.
Le plus important est ailleurs
Mais le plus important est ailleurs, pour le superviseur du projet Robin Amacher, operating manager au Discovery Learning Lab de l’EPFL : « Le but premier, qu’il faut bien garder à l’esprit, c’est la formation. Les étudiants vont apprendre en faisant. Donc au lieu d’apprendre pendant leurs études de façon théorique, puis ensuite d’arriver chez un employeur et de se dire ‘Ouh, mince j’aurais dû écouter au cours’, ils font de la pratique en même temps qu’ils vont au cours – peut-être parfois un peu moins qu’ils devraient – mais ils apprennent très bien et ils fixent la connaissance ».
Un laboratoire flottant, doté d’une autonomie de 150km, avec lequel un autre but est de faire le tour du Lac Léman, pour montrer l’efficacité des technologies de propulsions durables.







